Le salon virtuel des préparations naissance : l’haptonomie


Bienvenue dans cette série d’articles consacrés aux préparations naissance. Avec ce salon virtuel, j’ai eu envie de vous donner de l’information au sujet des différentes « préparations naissance » qui existent sur le marché du périnatal. Je mets entre guillemets car le terme « préparation naissance » n’est parfois pas tout à fait adéquat tant les outils proposés accompagnent bien souvent la maman et/ou le couple dans leur aventure de parentalité et ne se cantonne pas uniquement à préparer pour l’accouchement. Au travers d’interview d’experts praticiens j’ai vous apporter des réponses aux questions telles que : de quoi parle-t-on ? quels sont les principes ? quels sont les objectifs visés ? les résultats recherchés ? comment se passe une séance avec ce type de préparation ?… Mais au-delà de tout ce questionnement auquel les futures mamans/parents font face, je voulais aussi mener avec vous une réflexion autour de cette notion de « préparation naissance » et de son utilité.

Je vous invite à consulter cette vidéo d’ouverture du salon pour commencer votre exploration.

Présentation de l’haptonomie : Arielle Nuchowicz


Lien pour écouter l’interview en podcast

Les points clef de l’haptonomie, ce qu’il faut en retenir

L’ Haptonomie est avant tout une approche du lien et de la relation où le toucher devient une véritable rencontre.

Cette Science de l’affectivité et du contact psychotactile, intégrée dans le vaste champ des sciences humaines, a été développée depuis les années 50 par le chercheur hollandais Franz Veldma . Elle explore la manière dont le toucher permet d’établir des contacts affectifs sécurisants entre les humains.

Dérivé du mot grec

  • hapto : le toucher ; haptein : je touche, j’établis une relation, je prends contact pour guérir, affermir, rendre complet.
  • Et nomos : la règle, la loi.

Elle aide l’humain tout au long de son cycle de vie : l’Haptonomie s’applique à la médecine générale, la psychothérapie, la pédagogie, la psychomotricité, l’accompagnement des personnes en fin de vie et des mourants … et à la période de la grossesse, de la naissance, et des premiers mois de la vie du bébé : c’est l’Haptonomie périnatale.

Cet accompagnement de la parentalité favorise l’épanouissement des liens affectifs entre le père*, la mère, et l’enfant. Ceci leur permet de vivre une relation de tendresse et d’amour dans le giron maternel : dès les premiers mouvements de l’enfant perçus par sa mère, vers le 4ème ou 5ème mois de grossesse, les parents apprennent à jouer avec le bébé dans un contact tendre et affectueux : le contact psychotactile affectivo-confirmant. Très vite se crée entre les trois, une relation qui donne à l’enfant un sentiment de sécurité de base et prépare son autonomie.

L’Haptonomie donne d’emblée sa place au père, accompagne et rassure la mère, rencontre l’enfant.

Bien que l’accompagnement prénatal ne soit pas réductible à une préparation à l’accouchement, il va contribuer à favoriser un accouchement physiologique et une naissance naturelle :

  • La mère apprend à rester en contact avec son enfant durant le travail et à le guider. Aidée par le père, elle  peut traverser la sensation des contractions tout en restant dans l’ouverture.
  • Le père constitue le recours affectif de la mère et aussi de l’enfant. Par la qualité de sa présence il les soutient, les accompagne grâce à des gestes précis appris durant les séances pendant la grossesse. Il invite la mère à s’ouvrir … et le bébé à naitre.
  • L’enfant se sent sécurisé, entouré, guidé tout au long du processus, puis accueilli par ses parents.

Durant la période postnatale, sont proposés les jeux d’éveil et le portage du bébé, continuité naturelle et souhaitable de l’accompagnement prénatal. Cependant les bébés qui n’ont pas été rencontrés haptonomiquement avant la naissance peuvent aussi en profiter.

Proposées au rythme propre de l’enfant, les séances commencent juste après la naissance et peuvent continuer jusqu’à l’acquisition de la marche. Grâce à des propositions de jeux spécifiques et progressifs, dans un climat respectueux, attentif et joyeux, les parents apprennent à porter l’enfant par sa base, ils l’invitent à prendre conscience de sa corporalité, l’amènent à ressentir son axe, sa verticalité, son équilibre,… ils renforcent ainsi son sentiment de sécurité, de joie, de confiance en eux et en la Vie. Dans cette période ‘instable’ de nouvel équilibre à trouver, c’est aussi pour eux le lieu où déposer, questionner, interroger, être rassurés, sur des sujets comme le sommeil, l’allaitement, les rythmes, les ainés … et développer une parentalité solide et sereine.

*père : conjoint(e)

[extraits de : Happy Mama : © Arielle Nuchowicz, 2017, tous droits réservés]

Pour aller plus loin :


Les résultats obtenus grâce à cette approche

Dès le projet d’enfant, sa conception, sa gestation, sa naissance…jusqu’à ses premiers pas, l’haptonomie représente un véritable outil d’éducation et de prévention favorisant le développement de l’être humain et de la relation harmonieuse parents-enfant.       

La grossesse est une période sensible, tant pour la femme qui devient mère, l’homme qui devient père, le couple de conjoints qui devient couple parental, que pour le bébé.    L’approche haptonomique apporte une dimension particulière et unique  à l’expérience de la grossesse :

  • elle permet aux deux parents de créer une relation affective bien réelle avec leur bébé, déjà dans le ‘giron maternel’, grâce aux jeux de contact, tendres et respectueux,
  • elle augmente le confort physique, psychique, émotionnel de la mère et du bébé en apprenant au père à effectuer des gestes, les bercements, le recentrage du bassin, utiles durant la grossesse et
  • précieux pour la préparation à l’accouchement, favorisant une naissance physiologique où la mère et l’enfant sont soutenus et guidés par le compagnon,
  • elle prépare à l’accueil du nouveau-né et à son accompagnement psychomoteur, affectif et social durant son évolution jusqu’à l’autonomie, l’âge de la marche, par les jeux d’éveil du bébé,
  • soutenant ainsi l’attachement prénatal, elle favorise l’attachement postnatal et représente un précieux soutien à la parentalité.

Elle accompagne la triade, reconnaissant la place particulière de chacun : contrairement aux autres approches où seule la mère est prise en compte, ici,  

  • le bébé est une personne, le bébé est un être de relation déjà pendant sa vie intra-utérine. L’approche haptonomique permet de développer sa sécurité de base, sa confiance, et son Sécurité qui pourrait lui rester acquise tout au long de sa vie
  • le compagnon a un rôle précieux durant la grossesse et l’accouchement : partenaire et  père présent et agissant. Il est invité à quitter le statut de spectateur impuissant pour devenir acteur, aidant sa femme et son enfant lors de sa mise au monde.
  • la femme se sent écoutée, accompagnée, soutenue, développe un corps puissant, accueillant, détendu, une compétence pour l’accouchement, de la sécurité comme nouvelle maman le bébé une fois né.
  • L’approche haptonomique aura  des effets bénéfiques sur la relation du couple et leur confiance à être parents.

[ Extrait de : Happy Mama : © Arielle Nuchowicz, 2017, tous droits réservés ]


Les témoignages de parents

«  

La préparation à la naissance de notre premier enfant par l’haptonomie nous a permis de prendre contact avec notre futur bébé et de passer un moment privilégié lors des séance autour de sa venue, de nos questions et notre vécu de futur papa, future maman et futurs parents.

Pour notre couple, les bénéfices ont été grands, car ce moment de partage a permis au futur papa de mieux comprendre ce qui se passait dans mon corps et dans ma tête. Je me suis sentie comprise et respectée dans ce grand moment de sensibilité qu’est la grossesse et cela nous a rapproché. Notre choix de préparation s’est orienté vers l’haptonomie en autre parce que le futur papa a un rôle très important et sa présence est incontournable à tout moment (même durant le travail et l’accouchement).

Ensuite en dehors de séance, nous prenions le temps tous les jours autour de la grossesse en pratiquant les techniques à la maison.

Lors de l’accouchement, même si nous n’avons pas pu mettre en œuvre tout ce que nous avions appris, nous étions préparés à la venue de notre petite Lucie et nous l’avons accueillie sereinement.

Dans les premières semaines de sa vie, les grands changements et questionnements auxquels nous avons fait face ont été accompagnés avec bienveillance par notre haptonome, Arielle Nuchowicz, et nous avons continuer à suivre les séances sur les jeux avec le bébé durant quelques mois.

Nous conseillons encore autour de nous cette préparation à la naissance qui nous a été fort utile et dont nous attendions les séances avec impatience, comme une petite bulle autour de notre futur bébé dans notre vie ! » Isabelle et Fred, Lucie

 

<u>Sabine et Pierre, Jules</u>
 

Ah l’haptonomie,…  pour moi ça a été une merveilleuse aventure de rencontres.

Rencontre avec notre bébé d’abord : tout petit déjà, à peine bougeait-il dans mon ventre, que je partageais avec mon homme des sensations, des émotions, la joie de le sentir nous répondre, nous étions connectés à lui,  …  nous avons appris à le connaitre et cela nous a procuré un bonheur immense. Ensuite pendant la naissance, j’ai eu le sentiment de l’accompagner tout le long du travail jusqu’à sa naissance. Jules est mon 2 ème enfant,  je savais plus ou moins à quoi m’attendre,  j’étais moins stressée que pour Léa mais je n’avais pas imaginé pouvoir rester présente à lui malgré la force incroyable des contractions. Cette foi- ci j’ai accouché sans péridurale, comme je l’avais souhaité et annoncé dans mon projet de naissance. J’étais tellement en confiance grâce à la préparation avec Arielle Nuchowicz et à la présence si rassurante et compétente de mon compagnon … Nous avons accueilli ensemble un Jules aux yeux grands ouverts, presque sans un cri, qui nous regardait. C’était fort !

Rencontre avec Pierre, mon compagnon. Cette 2 ème grossesse lui a donné la possibilité de développer pleinement un rôle de partenaire et de père très différent de la première fois. J’ai découvert une facette de lui assez nouvelle qui m’a énormément aidée. Il était présent affectivement, j’avais presque l’impression qu’on attendait et fabriquait ce bébé ensemble ! Et pendant l’accouchement il a super assuré. Je pouvais vraiment m’abandonner aux contractions dans ses bras ! Plus tard il m’a partagé qu’il s’est senti très à l’aise car il avait expérimenté des outils qu’il a pu appliquer au moment même, et qui marchaient. Arielle n’a pas pu venir mais sa remplaçante était là. Sa présence discrète, bienveillante et compétente nous a beaucoup rassurés, même si elle n’a ‘rien fait’.

Rencontre avec moi-même enfin. Ce 2 ème accouchement m’a rendu plus forte et confiante en mes capacités et ma puissance de femme ! Accoucher sans péri fut dur, intense, et juste énorme ! Maintenant je sais, je sens, ce dont je suis capable, et ça fait un bien fou !  Et avec Pierre, j’ai pu être plus honnête, montrer ma vulnérabilité, ma sensibilité. Ca aussi ça a été important pour moi et pour notre couple.

Nos enfants vont bien. On est retourné tout de suite après l’accouchement avec Jules chez Arielle pour les jeux et le portage. Léa qui n’avait qu’un an et demi en a profité aussi. C’était chouette. On a appris plein de choses très profitables pour leur équilibre, leur ancrage et leur autonomie.

Voilà. Merci.” Sabine et Pierre, Jules

Pour aller plus loin : une vidéo 


Concrètement, comment se déroulent les séances ?

L’accompagnement commence dès la perception par la femme des premiers mouvements du bébé dans le giron (l’utérus, la matrice, premier lieu de croissance, de vie, d’expériences du bébé), et s’arrêtera de la période d’acquisition de la marche.

Une douzaine de séances est prévue en prénatale, réparties en 3 phases :

  • 1ère  phase : création de l’attachement, du lien, découverte, émerveillement, plaisir, bien-être, détente, ouverture, confiance : les jeux du père, les  jeux de la mère, les bercements, le  recentrage du bassin.
  • 2ème phase : préparation à l’accouchement,  gestion des contractions, le prolongement, les peurs, apprentissage des positions de travail durant la dilatation, la poussée .
  • 3ème phase : l’accueil et le portage du bébé, dernière séance avant sa naissance … et première d’une série de rencontres postnatales: les jeux d’éveil qui s’étalent de sa naissance à ses premiers pas, autour de 1 an.

Durant chaque séance, le praticien guidera le conjoint pour qu’il puisse, à la maison, répéter et intégrer les propositions. Il augmente ses compétences autour de sa compagne et du bébé. La femme et le bébé n’ont rien à faire…que ressentir, recevoir. Ils développent tous les trois leur ‘qualité d’être’ et ’d’être ensemble’.

1ère  phase 

   1.Les jeux du père 

Dès la perception des mouvements dans le giron, le père en devenir est invité à aller à la rencontre de son enfant. En touchant le ventre, il ‘se présente’, ‘l’appelle’ au creux de la main, lui fait de la place… Le toucher est respectueux, doux, attentif, ‘à l’écoute’, le toucher est affectif (contrairement au toucher objectivant : on touche le corps et ignore la personne, lors du toucher affectif : on cherche, à travers le corps, à atteindre la personne.).

Il intègre, c’est fondamental, la totalité de la mère en devenir. Celle-ci pourra alors s’ouvrir, et permettre au bébé d’aller à la rencontre de son père. Dans ce contact, le bébé se niche, se love dans la main ouverte et invitante de son père, d’un coté, puis de l’autre du giron. Il se déplace de tout son corps à la rencontre de celui qui l’appelle. C’est merveilleux, gai, c’est drôle, touchant, … plaisir, émotion.

Cela crée :

  • pour le père : le sentiment, pour la première fois peut-être de sentir son petit lui ‘répondre’ objectivement et de manière répétée… ce ne sont plus des coups au hasard qu’il sent! Il construit petit à petit vis-à-vis de son enfant, un sentiment, du lien, il commence à exister en tant que père, et il découvre aussi qui est son bébé. En effet, l’enfant a déjà des caractéristiques physiques: couleur des yeux, sexe, et aussi des potentialités quant à son caractère, sa personnalité. Dans ces rencontres répétées, son caractère va se révéler et s’affirmer petit à petit: par ex.: il répond directement à l’invitation ou au contraire, il met du temps, il est calme ou espiègle. Parfois c’est  lui, le bébé qui prend l’initiative du contact.
  • pour l’enfant : le sentiment que quelqu’un, son père, le cherche, vient vers lui, l’appelle… il compte, il existe, il est reconnu, il est désiré, il est invité à se montrer, s’exprimer… dans ce lien qui grandit, il se sent aimé… et construit un sentiment de ’sécurité de base’ qui lui donne la force d’entrer dans la vie et pourrait bien lui rester acquis durant toute son existenceCe qui se vit précocement s’inscrit, s’engramme, profondément dans la mémoire du corps. Quel beau cadeau, de l’aider à construire les bases d’une solidité qui lui permettra de traverser ce que l’existence lui offrira d’agréable ou de difficile
  •  pour la mère : son homme est là, dans la rencontre avec l’enfant, le lien se tisse entre ces deux là, ils deviennent trois. Elle peut commencer à faire confiance à son compagnon en tant que père, elle peut ‘les laisser ensemble’ : La femme enceinte peut être sensible émotionnellement, tantôt joyeuse, tantôt triste, irritable, riante, pleurante, énervée… et tout cela, son bébé le ressent, elle le sait mais ignore bien souvent comment le gérer. Pouvoir de temps à autre ‘confier’ le bébé aux soins attentifs de son compagnon, et vivre ses ‘états d’âme’ sans culpabilité, quel soulagement ! [/symple_bullets ]

De plus, le toucher affectif, bon, tendre, respectueux de son compagnon aura un effet sur le tonus musculaire du giron, l’utérus, les muscles, les ligaments, la peau même: la femme peut se détendre, lâcher peurs et les tensions, se faire confiance quant au volume et à l’espace à donner à ce bébé, qui n’arrête pas de grandir et grossir en elle. Elle se sent plus apte à le contenir jusqu’au bout de la grossesse, à le laisser grandir tout en demeurant intègre, entière. La mère peut lui offrir ainsi un lieu de vie agréable, détendu, spacieux.

Les études montrent que les femmes qui suivent cet accompagnement présentent moins de contractions pendant la grossesse et moins d’accouchements prématurés.

   2.Les jeux de la mère

Le père appelle le bébé dans l’axe horizontal, de chaque coté du ventre, direction   d’ouverture vers le monde extérieur qu’il représente.

La mère, elle, va inviter son bébé de l’intérieur, dans l’axe vertical, sans l’aide des mains.

Vers le haut, le cœur : pôle affectif, pôle du nourrissement par excellence, lieu des sentiments, lieu des seins et de leur possible promesse de lait.

Vers le bas, le bassin, le berceau, le nid: pole de sécurité, d’accueil, lieu de croissance et bientôt chemin de sa proche naissance.

Ainsi se crée, dans l’intime de leur relation, un lien qui permet à la mère de  jouer avec son enfant, de le connaître, de le guider.

Elle pourra lui montrer le chemin vers le bas pendant sa naissance, mais aussi durant la grossesse l’inviter à s’installer à des endroits plus confortables pour elle, si, par exemple, il pèse sur la vessie ou pousse sur l’estomac.

  3.Les bercements

Comme un bébé bercé se détend et se calme… une maman bercée de détend, fait confiance, s’ouvre.

Le père apprend à bercer de différentes manières la ‘dyade maman-bébé’. Avec pour effet maternel une détente musculaire de la région du bassin, du dos, du ventre, de tout le corps.

Pour le bébé, des sensations et stimulations nouvelles et différentes : il se laisse bercer, comme flottant à la surface du liquide, c’est doux, calme.

Ils retrouveront ces  sensations agréables et rassurantes pendant le travail, lors des bercements répétés entre les contractions.

   4.Le recentrage du bassin

Souvent la femme enceinte, déviée de son centre de gravité, projette le bébé hors du bassin. Elle accentue ainsi la cambrure de la colonne vertébrale et peut avoir mal au dos. Le bébé, lui, n’est plus soutenu dans le bassin de sa maman.  Nous inviterons, par un appel affectif, la mère à ‘habiter’ son bassin, à redonner espace et volume au bas de la colonne et dans le sacrum. Le bébé, invité également par le père de l’extérieur et par la mère de l’intérieur peut s’y réinstaller. Le bas du dos, les flancs s’ouvrent, la lordose lombaire disparaît, le ventre s’aplatit, s’assouplit, la femme donne de l’espace au bébé ‘en arrière’. C’est là que, lors de l’accouchement, le père pourra aider son bébé à descendre.

2ème phase 

A la manière de la construction d’un puzzle, les apprentissages de la 1ère phase s’intègrent comme des éléments complémentaires, pour réaliser l’accompagnement du travail, de l’accouchement, et de la naissance du bébé. Comme des poupées russes s’emboîtent l’une dans l’autre, la mère soutiendra le bébé, le père soutiendra  mère et bébé, l’haptonome, l’équipe médicale, l’institution soutiendront  père mère et bébé.

   5.Le prolongement 

Comment gérer les contractions, comment rester ouverte quand la sensation devient violente, difficile à supporter, comment continuer à guider le bébé vers le bas ?

La contraction, c’est comme une vague, une vague puissante, qui déferle, et sur son passage, ouvre le col de l’utérus, puis entraîne le bébé, … et une autre, et une autre encore.

Il y en a beaucoup. Elles durent des heures, jusqu’à ce que le col soit effacé, qu’il ait disparu.

Souvent, durant ce processus, c’est si fort que la femme se tend, se referme, résiste, son tonus, sa vulnérabilité à la douleur augmente. Elle a mal.

Il  faut de l’espace aux contractions pour déferler, de l’espace à la mesure de leur intensité. Alors, à chaque contraction, c’est l’homme qui va donner cet espace à sa femme.

Il va tirer au niveau du creux du genou, ou de la ‘ tendre chair’ (partie interne du haut de la cuisse), donnant une direction, avec force, présence, détermination, pour aider sa femme à s’ouvrir, à créer le passage, la place, pour que ce bébé, leur bébé, puisse sortir, puisse naître, puisse venir au monde.

Et la femme se prolonge, elle cesse de se fermer sur elle et sa douleur, elle dépasse cette sensation, elle refait confiance, elle va vers son homme, le père et y entraîne le bébé.

Son souffle s’approfondit, s’amplifie, s’élargit naturellement … c’est le souffle physiologique, celui qui contribue à accomplir la dilatation du col.

Entre les contractions, grâce aux bercements, au modelage des jambes, l’homme continue à donner à sa femme, et au bébé, douceur, rassurance, présence affective, contenant, leur permettant de se sentir en sécurité, de continuer le processus physiologique de la dilatation: augmentation de la sécrétion d’endorphines, augmentation de la sécrétion d’ocytocine, augmentation du  seuil de la douleur, préparation pour une nouvelle contraction.

Le choix de recourir à une anesthésie péridurale, quand la douleur devient difficile à supporter, ne rend pas caduques ces propositions : guider, encourager le bébé, (la péridurale aide la mère, pas l’enfant) accompagner la mère, donner la direction et ouvrir le chemin demeurent nécessaire. L’intensité de la présence du père change, pas sa qualité.

                Accoucher c’est extraordinaire et difficile. Naître aussi c’est extraordinaire et difficile.

A la lumière des connaissances accumulées depuis trente ans dans le domaine des thérapies régressives,  du rebirth, de l’hypnose, il apparaît que le bébé à naître vit pendant le travail des sentiments tels que la peur, l’angoisse, la solitude : ‘j’ai peur’, ‘je suis tout seul’, ‘je suis coincé’, ‘je ne sais pas par où aller’,’ je ne suis pas prêt’, ‘je ne vois pas le bout du tunnel’, etc

et pourtant… Votre bébé doit naître, il doit traverser seul cette expérience.

Et si, grâce à ces contacts répétés, à ce lien affectif déjà créé, à ces moments de détente prénataux, il pouvait vivre cela autrement ?

Oui, le bébé qui expérimente seul les contractions de dilatation pendant des heures, puis les contractions d’expulsion vivra autrement cette expérience que le bébé guidé vers le bas de l’intérieur par sa mère, positionné et appelé de l’extérieur par son père, bercé, rassuré, réconforté par des bercements entre les contractions. Celui-là n’est plus seul, il est accompagné par sa maman et par son papa pour vivre cette expérience ! Quelle différence !

   6.Les peurs

Une séance sera consacrée aux questions, doutes, peurs liés à cette expérience, pour la mère comme pour le père.

Peur d’avoir mal, de l’inconnu, de se montrer vulnérable, de ne pas y arriver, peur de mettre au monde un bébé imparfait, peur d’un accident, … peur de ne pas être une bonne mère, un bon père, de ne pas comprendre le bébé, peur de ne pas se retrouver en tant que couple, de ne pas savoir donner sa juste place à un aîné.

C’est important d’avoir l’opportunité de mettre des mots. Souvent chacun se sent beaucoup mieux d’avoir pu partager ses inquiétudes. La peur diminue, la confiance grandit.

   7, 8, 9.Les positions de travail

Les séances suivantes sont consacrées à l’apprentissage des différentes possibilités de positions de travail. L’apprentissage du père continue.

Il est important que la femme se sente autorisée, pendant l’accouchement, à se mobiliser librement selon ses sensations, pour favoriser le travail et l’engagement du bébé.Nous explorerons ensemble les positions où la maman est couchée sur le sur le dos ou sur  le côté, la position verticale, le père derrière la mère, debout, assis ou sur le ballon, …etc. Le compagnon apprend et expérimente, pour chacune des positions : comment placer sa femme pour assurer la meilleure posture qui aidera le bébé à trouver son chemin et les contractions à être plus efficaces ; que faire pendant la contraction ; et entre elles ?

La dilatation évolue, le bébé descend, il connaît le chemin.

   10.La poussée

En continuant à accompagner affectivement son enfant et à lui ouvrir le chemin, la mère apprend les sensations liées à la descente du bébé, le réflexes d’expulsion, la poussée naturelle, la poussée volontaire, les postures possibles d’expulsion.

Le père est toujours présent, encourageant, soutenant.

 3ème phase

   11.Accueil du bébé et portage

La dernière séance avant l’accouchement est aussi la première d’une série de rencontres qui s’égrèneront jusqu’à l’autonomisation du bébé, à l’acquisition de la marche.

Cette 3ème phase est fondamentale. Elle s’adresse évidemment aux bébés accompagnés haptonomiquement pendant la grossesse, mais aussi aux familles qui n’ont pas eu cette possibilité.

L’accueil du bébé

Imaginons : le bébé nait, posé sur le ventre,  premier souffle, premier cri, premier regard, découverte, émerveillement, émotion partagée… la rencontre.

Puis les premiers soins : prise de la température rectale, sonde nasale, piqure intramusculaire dans la fesse, crème dans les yeux, pesée… ces pratiques routinières, si elles sont parfois nécessaires pour votre nouveau-né sont toujours désagréables. C’est le moment pour le père d’accompagner le bébé dans la salle de soins pour le sécuriser, le rassurer par sa voix, ou son toucher, les pleurs cessent, le bébé reconnait une présence familière dans ce  grand monde nouveau et inconnu.

Séances postnatales

Le portage

La personne qui touche, porte, prend soin d’un bébé lui communique forcément des sensations, émotions, qui constituent le premier langage que le bébé apprend. Avec nos mains, nous lui parlons.

Elle lui communique sécurité ou insécurité, dépendance ou autonomie, angoisse ou confiance.

Nous désirons développer chez l’enfant sa sécurité de base et son autonomie, dès la naissance.

Un bébé porté comme un paquet se sent un paquet, se comporte comme un paquet : passif, dépendant, il subit. L’approche haptonomique propose de soutenir l’enfant par la base, toujours.

L’enfant peut ainsi s’appuyer sur cette base, ‘son fondement’, se déployer, redresser sa colonne vertébrale, explorer l’équilibre de sa tête.

Tu te portes avec notre soutien

bébés portés par la base

bébés portés par la base

Ainsi soutenu dans son axe, c’est un être humain debout, tourné le plus possible vers l’extérieur,  il peut s’ouvrir au monde, créer avec son entourage des relations bien différentes d’un bébé essentiellement couché.

Ces propositions se font en respectant les besoins fondamentaux du bébé, ses rythmes et ses stades de développement.

Les jeux d’éveil

Au cours des rencontres postnatales, dès la sortie de la maternité puis à un mois, trois mois, et jusqu’à la marche, l’apprentissage sécurisant et ludique continue: nous faisons à l’enfant et aux parents des propositions de jeux, de positions, qui lui permettent de communiquer clairement avec son corps ses envies, ses choix: être actif, se tenir droit,  explorer son équilibre, être en relation, être curieux…ou se déposer, se reposer, rentrer dans son monde intérieur, observer.

Un vrai dialogue se noue, où l’enfant peut exprimer son intention par son corps entier, seul ‘outil’ à sa disposition pour communiquer, avant l’acquisition de la parole.

Au fil des semaines il expérimentera, selon son évolution,

  • les différentes positions ouvertes au monde,
  • les retournements accompagnés,
  • les jeux d’équilibre sur le ballon
  • l’invitation à la position assise
  • l’ancrage de la base et des talons quand l’enfant cherche à se mettre debout
  • l’exploration de la position ventrale en respectant les déplacements synergiques,
  • la capacité de passer avec fluidité et en confiance d’un plan de l’espace à l’autre,
  • et plus …

Ainsi les parents se sentent accompagnés, soutenus, guidés, ils découvrent des clés pour comprendre le langage de leur enfant, respecter ses besoins, créer des nouveaux jeux, encourager chez lui des compétences souvent insoupçonnées, ils apprennent et font confiance.

Les bébés accompagnés de cette manière tiennent leur tête et leur colonne dès les premiers jours s’ils sont soutenus par la base, et souvent restent précoce sur le plan moteur. Ils développent également une maîtrise exceptionnelle de leur équilibre. Cependant ils sont surtout remarquables sur le plan psychologique et relationnel: ils se distinguent des autres enfants par la qualité particulière de leur présence, éveillés, paisibles, curieux, désireux d’entrer en contact.

Conclusion

Tout en étant un évènement naturel d’une extrême banalité, l’arrivée d’un enfant dans une famille constitue inévitablement un bouleversement de l’identité de chacun, homme, femme, couple,

Du fond de sa nuit utérine, le bébé est déjà très sensible au monde extérieur, il sens et ressent. La période qui se passe dans le ventre de sa maman est très importante sur le plan affectif. Les premiers liens se tissent, contacts, caresses, mots doux. La communication avec le bébé par le toucher affectif donne l’occasion au couple de développer sa qualité de présence, une expérience riche de compréhension l’un de l’autre, de rapprochement, de plaisir, de joie.

Davantage qu’une préparation à l’accouchement, c’est une préparation à la parentalité, un apprentissage de ’l’être ensemble’, une éducation à l’affectivité.

L’accompagnement haptonomique appliqué au début de la vie a pour objet de soutenir le développement de la sécurité de base du bébé et de ses parents, réalisant ainsi la prévention de troubles ultérieurs du développement de l’être et de la relation parents enfants,

Enfin, c’est en renforçant l’attachement entre l’enfant et ses parents au début de la vie,  par la qualité du lien pendant la grossesse, par l’expérience d’une naissance harmonieuse vécue ensemble, par une attention portée aux premières semaines et mois de vie, que l’enfant pourra se détacher simplement et devenir un être humain complet, autonome, prenant sa place dans sa vie et dans le monde.


Coordonnées d’Arielle – Merci ♥

Arielle

  • Arielle Nuchowicz
  • Médecin, gynécologue,
  • Praticienne en haptonomie pré et postnatale,
  • Formée en Thérapie systémique, de couple et de famille
  • Chant prénatal et Massage des bébés,
  • Biodanza pour adultes et enfants,
  • Conteuse, lectrice à voix haute,
  • Doula, Intervenante en périnatalité, parentalité, et santé originelle.
  • Formatrice

originel@skynet.be


Lien vers les autres « préparations naissance »

Le yoga prénatal L’hypno-naissance  La respiration consciente    Le chant prénatal La doula
   La préparation aquatique     La sophrologie   L’ostéopathie   La préparation affective La couture en conscience
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Derrière « Eclore et moi » il y a une sage-femme. Je m’appelle Stéphanie, je suis belge et maman de 3 enfants. J’accompagne à distance (en ligne, partout dans le monde) et localement (Bruxelles - Rhode-Saint-Genèse) des femmes qui veulent vivre une maternité qui leur ressemble avant, pendant et au-delà de la grossesse. Je travaille avec des femmes qui aiment comprendre ce qui se passe dans leur corps (« comment ça marche ? »), dans leurs émotions (« qui suis-je ? ») et qui aspirent à vivre des choses pleines de sens. Mon objectif est avant tout de donner confiance aux (futures) mamans pour qu’elles puissent augmenter leur niveau de bien-être en tant que femme. Selon moi, la maternité est un formidable levier de transformation positive pour la femme. C’est l’occasion de vivre une aventure d’amour au service de qui vous êtes et de qui vous voulez être. Si vous voulez en savoir plus, contactez-moi, sans hésiter ;-) → Cliquez ici pour en savoir plus

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«Vint un temps où le risque de rester à l’étroit dans un bourgeon était plus douloureux que le risque d’éclore»

- Anaïs Nin

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