Oser les passages de la vie

Oser les passages de la vie

Je vous partage une interview-échange réalisée avec Isabelle Challut, infirmière, auteur, accompagnante et enseignante autour de la naissance.. et depuis peu, des passages de vie.


Mais avant ça, un petit partage sur ce que cet échange m’a apporté  Si vous le souhaitez, vous pouvez accéder directement à la vidéo.


Je me souviens de la première fois que j’ai entendu Isabelle parler. C’était une interview réalisée par Maïtie Trélaün dans le cadre du sommet de la naissance, si ma mémoire est bonne… J’avais accouché de ma seconde fille peu de temps avant ça et j’avais moi aussi vécu une expérience incroyable et transformante de mise au monde de mon bébé. Dans cette interview, Isabelle décrivait tout ce que l’expérience de naissance de son second enfant lui avait apporté et comment le secret de la femme puissante et compétente de mettre au monde lui avait été révélé. Je me disais « mais c’est mon expérience qu’elle décrit » 😊. J’ai ensuite acheté son livre « La maternité au féminin » et j’ai continué mon petit bonhomme de chemin de (sage-)femme.

Puis récemment, je reçois l’annonce de son prochain séminaire organisé en Belgique. Sans les détails de l’évènement, je ne me sentais ni appelée ni dans l’urgence d’y assister. Après tout, ce sera fin octobre et moi la naissance de ma fille est prévue pour début octobre… Et Isabelle s’est mise à donner davantage de détails sur le contenu de ces 3 jours et en un coup d’œil, j’ai eu comme un flash, ce séminaire est fait pour moi ! La voilà qui compte rapprocher les 2 passages que nous avons tous en commun dans nos vies sur terre : la naissance et la mort. Je veux en savoir plus ! Je dois la contacter. Je propose à Stephanie Halleux, organisatrice de l’évènement d’interviewer Isabelle pour parler de ce séminaire et plus si possible…

Je me mets en route et en contact avec Isabelle

24 juillet, voici cette Interview « Oser les passages de la vie ».

Je ne sais pas si tout est là et bien intact car je mélange les conversations hors enregistrement et enregistrées.

Mais voici ce que cette rencontre et cet échange m’ont apporté : un élan pour vous parler de ma mère, de sa maladie, de mon vécu et surtout de ce que je viens de comprendre.


Depuis bientôt 7 ans, ma mère est malade. Elle est tombée malade lorsque j’ai repris mes études de sage-femme en 2011. Un cancer dégénératif lui annonça-t-on alors. Le choc. Elle si forte et pleine de vie, jamais fatiguée et toujours dans l’action. La voilà malade. Des mois pour obtenir un diagnostic correct et pour comprendre ce qu’elle avait. Son état se dégradait de jour en jour, elle savait alors à peine marcher et à peine parler. Finalement, les médecins trouvent… un traitement est proposé et la voilà qui revient à la vie petit à petit. Elle fera des mois et des mois de chimiothérapie pour vivre ensuite une période de « sommeil du cancer » pendant quelques années. Mais plus rien n’est comme avant. Elle n’a plus sa puissance ni sa présence d’antan. La maladie a pris une partie de ce qu’on lui connaissait et elle se retrouve nous offrant de nouvelles facettes d’elle-même. Pas moins bien, ni mieux, juste différentes.

Alors que je venais d’arriver dans notre nouvelle vie en Californie, il y a un peu plus de 3 ans, elle rechute. Le cancer reprend vie. Il faut recommencer les traitements. Nous sommes en 2014. Depuis ce jour, elle n’a cessé d’être sous chimiothérapie et autres médicaments en tout genre pour faire face à tout ce que son système immunitaire ne sait plus contrer. Elle se bat. Elle ne se plaint jamais, ou que très rarement. Mais à chaque « petit bobo » (virus, bactérie ou parasite quelconque), son état se dégrade un peu plus. Pourtant, elle reste avec l’envie de vivre et de nous voir, nous ses proches, évoluer dans nos vies.

Récemment, lors de nos vacances de Pâques, sur la route du retour, je reçois un appel de mon père me disant « il vaudrait mieux que tu rentres d’une traite, maman est aux soins intensifs et je ne sais pas si tu la verras encore à ton arrivée ». Coup de tonnerre qui gronde en moi avec fracas. Je ne sais, à ce moment-là, absolument pas comment prendre la nouvelle. Je reste comme sidérée, paralysée par ces mots, par cette réalité, l’angoisse est trop forte et me prend dans sa toile, je ne bouge plus. Mon mari m’encourage à me reprendre, de faire confiance en la vie et d’être avec eux dans l’ici et maintenant. J’en suis incapable. Pourtant sa maladie ne date pas d’hier et l’issue n’a jamais été ignorée… Ou peut-être que si finalement…  Il me faut alors quelques heures de route en silence pour refaire surface. Quelques jours plus tard, ma mère sort des soins intensifs pour retourner chez elle une ou deux semaines plus tard. Incroyable cette force et volonté de vivre. Je la revois aux soins intensifs tapant son poing dans sa main en me disant « il faut que je sorte d’ici ». Et oui, elle en est sortie, plus faible à nouveau, mais sortie.

A la suite de ça, elle a eu encore quelques passages à l’hôpital. Je ne sais plus combien exactement, les « bobos » s’enchaînent les uns aux autres et les séjours à l’hôpital se rallongent alors que les temps à la maison raccourcissent. De mon côté, je gère mon angoisse de la perdre comme je peux. A dire vrai, je m’en coupe peu et m’empêche en quelque sorte de ressentir. Je ne sais ni comment faire, ni comment être. Comment me préparer à donner la vie tout en accompagnant de l’autre côté la fin de vie. Je ne sais pas comment l’accueillir dans ce qu’elle vit. Comment être juste, ni trop, ni trop peu, me respecter et la respecter. La relation mère-fille vient aussi avec tout son lot de complexité consciente et inconsciente… je suis inconfortable dans ce passage… Je demande alors de l’aide, mes sages-femmes m’y encouragent, il vaut mieux que je sois accompagnée. Je vois une thérapeute, on en parle un peu, je fais une séance plutôt psychocorporelle et je me retrouve à travailler ma confiance en la vie… confiance en la vie ? étrange…


Puis j’en arrive (enfin) à Isabelle. Ma mère est à la maison pour le moment, elle est rentrée le 21 juillet d’un énième séjour à l’hôpital. Seulement, lors de ce dernier séjour, on lui a parlé des soins palliatifs… nouveau bouleversement à affronter. Je la retrouve dans sa chambre seule, 10 minutes après que les médecins soient sortis en la laissant avec cette nouvelle réalité à assimiler. Les soins palliatifs… Elle m’en parle, évidemment, et s’effondre… Nouvelle vague d’angoisse qui me traverse et je me sens perdre pied. Ne rien ressentir… je ne peux pas, et je souhaite être là. Je la prends dans mes bras et ne dis rien. Elle s’excuse de flancher, ne veut pas m’inquiéter dans mon « état » …

Aujourd’hui, ce que j’ai reçu en discutant avec Isabelle c’est en quelque sorte une autorisation de sortir de la recherche de solution et de contrôle. En l’écoutant, j’ai ressenti en moi le parallèle que l’on peut vraiment faire entre ces 2 passages de naissance et de mort. Je connais bien l’un et découvre l’autre.

Pour la personne accompagnante, la naissance demande* en fait de simplement être là, d’être vraiment là, dans la confiance et dans l’amour. Pour qu’une naissance ait plus de « chance » de se passer en douceur et sans encombre, il est utile de donner un espace d’expression à sa physiologie. C’est-à-dire, au comment la naissance se passe spontanément et naturellement sans intervention ni extérieure ni intérieure à la femme de par son mental et son émotionnel. Cet espace se crée par la qualité de présence que l’on offre à la mère, par la confiance et la sécurité qu’on lui communique. De cette façon, elle peut plonger dans son savoir-faire intrinsèque et faire confiance à son corps qui sait mettre son monde. On lui permet ainsi, en le faisant nous aussi, de se débarrasser de ses conditionnements autour de la naissance (de tout ce qu’il devrait avoir de douloureux, de dangereux et de risques) pour s’ouvrir dans l’amour de ce qui est. En tant qu’accompagnant, nul besoin de contrôler, de projeter ses peurs ou ses doutes qui nous rendent au final indisponibles à ce qui est.

C’est la même chose dans le passage vers la mort*. Je n’ai aucun besoin de contrôler ni de projeter. J’ai juste à être là, présente à ce qui est et à l’écoute des besoins de la personne qui est dans le passage. Tout comme pour la naissance, je peux, en dehors des temps d’accompagnement, prendre soin de mes émotions, de ce que je vis, de ce que ça brasse en moi. Mais dans les moments de présence, je peux juste suivre et accompagner ce qui se passe. Proposer une présence de confiance et d’amour pour que la « physiologie de la fin » puisse s’exprimer, pour que la personne mourante puisse toucher à sa capacité de mourir. Dans quelle mesure est-ce que la mort ne serait pas cette expérience plaisante que l’âme qui a fini d’accomplir ce qu’elle voulait accomplir aurait à savourer? C’est sûr que nous n’en parlons pas de cette façon, tout comme la naissance soulève toujours la peur et le danger alors son potentiel est plaisir et connexion au sacré, transcendant et transformant. L’enjeux serait donc, de se débarrasser des conditionnements que nous avons à propos de la mort pour laisser de la place à ce qui veut Être dans ce passage.

Ça m’a apporté beaucoup. Ces 7 années de maladie, ça bouscule et ça questionne. J’ai compris que j’étais très inconfortable dans l’inconnu de ce qu’il adviendra et je me retrouvais parfois, je suis honnête, à vouloir que la sentence tombe. Non pas que je voulais la voir partir mais je voulais « savoir », être fixée. Le flot de la vie incertain, changeant, mouvant me mettait mal à l’aise, en insécurité, dans la peur. Je voulais maîtriser pour m’apaiser… mais j’avais tort… et encore une fois, c’est le même scénario pour la naissance. Vouloir le contrôler n’apporte rien si ce n’est la nécessité d’intervention et l’ouverture au risque. En fin de compte, ma préparation pour l’arrivée et le départ de vie serait-elle la même?


Dans cet inconnu… seras-tu là encore quelques mois, quelques semaines ? Maman, verras tu ma fille avec ton corps physique ? Je ne sais pas. Tu ne sais pas. Dans cet inconnu de la vie qui se déploie d’un bout à l’autre, j’ai juste à être là, présente à ce qui est. Écouter tes besoins et y répondre quand je peux. T’offrir une qualité d’être et non de faire qui, peut-être, fera de ton passage d’un monde à l’autre quelque chose de plus doux et de moins effrayant.

Attendre la vie m’a donné envie de rechercher le «comment» et le d’«où» vient la vie. J’ai lu des livres, écouté des gens qui pensent avoir des réponses et une chose revient : la mort n’est pas aussi pénible que ce qu’on aime à le craindre. La mort n’est pas, tout comme la naissance, un passage tabou que notre société en soif de réponses figées aime garder à l’écart, maîtriser et finalement occulter. La mort et la naissance sont ces passages faisant partie d’un cycle de vie et d’amour. La mort nous ramènerait d’où nous venons, dans l’amour sans condition et la lumière qui réchauffe. Alors n’ait pas peur maman, ici-bas, je suis là pour ton passage et au-delà, tout l’Amour sera là pour t’accueillir.


* Il est à noter que lorsque j’écris « naissance et passage vers la mort », je parle d’espace-temps variable d’une histoire, d’une personne à l’autre. La naissance n’est pas uniquement le moment de l’accouchement physique mais comprend toute cette période de transition que la femme traverse. Il en va de même pour le passage vers la mort. Je fais référence à des temps de vie qui peuvent s’étaler sr plusieurs mois, peut-être années.

Chacun comprendra ce qu’il veut ou a à comprendre en lisant ce partage… l’essentiel étant que la naissance et la mort demande les mêmes choses, tant pour l’accompagnant que pour celui ou celle qui ose la transition.


Je vous laisse écouter cette interview qui m’a inspiré cet article.

 

Merci Isabelle pour ce beau moment ♥


Séminaire « Accompagner la vie »

Voici les informations pratiques pour en savoir plus sur ce séminaire:


2/5 Le cycle féminin, un moyen pour se connaitre mieux en attendant l’arrivée de bébé

2/5 Le cycle féminin, un moyen pour se connaitre mieux en attendant l’arrivée de bébé

Préconception en conscience 

Ré-habiter ses 4 phases du cycle féminin 

Dans cette vidéo, je vous propose de regarder votre cycle dans ses 4 phases et d’apprendre à les percevoir, les ressentir et les vivre pour plus d’harmonie dans votre vie de femme. Le cycle féminin est trop souvent réduit aux menstruations de manière générale ou à la période d’ovulation en temps de désir d’enfant. Or le cycle regorge d’information sur nous et sur comment vivre sa vie pour plus de bien-être et d’épanouissement.

Les 4 phases du cycle sont :

Préconception

Illustration de Julia LaRotonda tirée du livre “Rituels de femmes : pour découvrir le potentiel du périnée” de Efféa Aguiléra

  • le printemps, la phase préovulatoire, caractérisée par une absence de glaire, une température normale, un col bas-dur-fermé, une énergie montante, une clarté dans ses action, une prédominance intellectuelle et un dynamisme.
  • l’été, la phase ovulatoire, caractérisée par une glaire transparente-filante, une température qui monte, un col haut-mou-ouvert, un bon niveau d’énergie, une dominante émotionnelle et des capacités d’empathie et d’altruisme
  • l’automne, la phase prémenstruelle ou post ovulatoire, caractérisée par une glaire opaque, une température haute, un col bas-dur-fermé, une énergie descendante, un subconscient plus présent et une capacité critique ingénieuse.
  • l’hiver, la phase menstruelle, caractérisée par une absence de glaire – présence des menstrues, une température qui baisse, un col bas-mou-ouvert, une baisse d’énergie, une connexion a plus grand que soi et une capacité de prendre du recul et d’observer l’ensemble.

 

Les énergies du cycle de la femme

Les énergies du cycle de la femme

Comprendre son cycle féminin pour utiliser ses énergies et augmenter son bien-être au quotidien :

1 cycle, 2 métaphores, 3 étapes

 

Nous connaissons toutes la nature cyclique de la femme, ses changements d’humeurs, d’émotions et même d’interaction avec le monde. Que nous soyons soumises à un mode de contraception ou non, nous avons toutes, dans notre vie quotidienne des indicateurs qui nous permettent de percevoir à quel moment de notre cycle nous nous trouvons. Et si nous n’en avons pas conscience, la charmante gente masculine qui nous entoure ne manquera parfois pas de nous le rappeler avec ce genre de phrase pleine de grâce… « elle doit avoir ses règles… » peuvent-ils alors marmonner !

Mais finalement, est-ce qu’avoir « ses règles » est uniquement un fardeau à porter en tant que femme ? Une période à laisser passer patiemment sans forcément aller creuser plus loin ?

Et si je vous disais, que notre cycle féminin n’est pas seulement composé des menstruations et qu’en plus de cela il nous offre, chaque mois, à l’intérieur de nous, une source d’énergie inestimable, un guide infatigable et d’une fiabilité sans faille, me suivrez-vous plus loin dans cet article ? J’ai récemment pu mettre des mots sur cette magie de notre cycle, que je vivais pourtant mois après mois depuis plusieurs années, en lisant notamment les livres de Miranda Gray et de Maïtie Trelaün et j’ai eu envie de vous partager mes découvertes.

Les 4 phases du cycle de la femme

Lorsqu’on s’intéresse un peu à la physiologie du cycle féminin, ou simplement sur base de nos vagues souvenirs de banc d’école du cours de biologie, on sait que le cycle de la femme est composé de 2 phases découpées par 2 moments clef qui sont l’ovulation et la menstruation (lorsqu’il n’y a pas eu de fécondation de l’ovule). La première phase qui va de la menstruation à l’ovulation s’appelle la phase folliculaire (ou proliférative, le follicule qui va libérer l’ovule grossit) et la phase qui va ensuite de l’ovulation à la menstruation suivante s’appelle la phase lutéale (ou sécrétoire, l’endomètre -paroi de l’utérus- secrète ce qui est nécessaire à une grossesse débutante). D’une femme à l’autre, on vit ces changements de phase de manière plus ou moins intense. Certaines pourront nous dire exactement quand elles ovulent et à un jour près quand elles auront leur menstruation et pour d’autres, le seul repère du cycle sera la menstruation par la présence physique du sang qui signe le changement de cycle.

Les énergies de nos phases de cycle

Il existe différentes métaphores pour vous parler des énergies que le cycle féminin vous offre chaque mois. J’en ai choisi 2 qui me sont très parlantes et qui illustrent bien ce que je voudrais vous faire ressentir grâce à la lecture de cet article. Je vais me baser sur les 4 parties du cycle que je viens de vous expliquer et vous donner dans un premier temps l’élan dominant de chaque phase qui le compose (Miranda Gray, dans son livre « la femme optimale »). Lorsque nous sommes au moment de la menstruation, nous connaissons une capacité de contemplation plus prononcée. Juste après les règles et avant l’ovulation, lorsque notre cycle se trouve dans sa phase proliférative, nous connaissons alors un dynamise plus important. Au moment de l’ovulation, c’est notre aptitude expressive qui prend le dessus et qui se manifeste en nous.  Enfin, après le moment d’ovulation et avant la menstruation suivante, nous touchons alors à notre moment de créativité le plus intense (j’utilise d’ailleurs en ce moment même l’énergie de cette phase pour vous écrire cet article).

Métaphore 1 : Les saisons de la terre

La première métaphore que je voudrais vous partager est celle des saisons de la terre. En effet, vous pourriez prendre les 4 phases de votre cycle de femme et les comparer aux saisons de la terre pour comprendre plus en profondeur l’énergie qui vous est proposée d’utiliser à chacune des phases de votre cycle.

La première saison serait celle de l’hiver. L’hiver où tout est calme et paisible, invite au repos, au repli sur soi, à l’observation et à la contemplation. En hiver, nous avons naturellement moins d’interaction avec l’extérieur, nous avons spontanément envie de nous blottir au coin du feu avec douceur et quelque part, j’ose le mettre, une touche plus prononcée de sagesse.

Ensuite, arrive le printemps. Les bourgeons apparaissent, l’énergie de vie revient, le dynamise est omniprésent. Au printemps, nous avons envie de papillonner, de goûter, de construire et d’agir. C’est au printemps que nous rattrapons le retard de l’hiver et que ce qui pouvait prendre quelques jours, ne demande plus que quelques heures pour être achevé.

Et puis vient l’été, de sa grâce en ouverture, l’été nous offre le spectacle des fleurs, le meilleur des fruits, mûrs et juteux, plein de goût et de couleurs. En été, nous sommes au maximum de notre expression, tournées vers l’extérieur nous avons envie d’échange, de contact, de lien de cœur et nous sommes pourvue d’une empathie qui n’a d’égal que son altruisme généreux.

L’été régale et doucement l’automne arrive. Les couleurs changent et le rythme ralenti, les feuilles tombent, le vent les souffle et on peut alors y percevoir comme l’essentiel d’un paysage. En automne, l’élan spontanée nous ramène vers notre intérieur et nous permet une connexion à nous même qui est précieuse et gardienne de cette créativité qui sommeille en nous. C’est en automne qu’on fait le tri, qu’on tire les leçons et qu’on évolue.

Une fois ces 4 saisons passées, le cycle recommence et nous offre une nouvelle valse d’énergie… qui se répète et recommence sans cesse, même lorsque le cycle semble s’être arrêté, la femme est toujours soumise à ces différentes énergies. Même lorsque des hormones artificielles viennent orchestrer la symphonie, la femme garde cette magnifique nature cyclique. Les nuances sont certainement plus fines et l’écoute de soi demande assurément plus d’attention, mais le cycle est bel et bien toujours présent !

Métaphore 2 : Les vagues sur le rivage

Les énergies dont je viens de vous parler peuvent se comprendre encore mieux avec une nouvelle proposition de métaphore. Fermez les yeux… Imaginez-vous sur le bord de la plage en train d’observer les vagues. Observez le mouvement de va-et-vient de l’eau sur le sable et essayez de vous connecter aux énergies que cela provoque en vous. La vague est en préparation, elle roule sous son poids, centrée sur elle-même, elle se prépare à monter, elle est riche de toute sa puissance. Elle a tout cet espace de sable devant elle qu’elle peut contempler, tout cet espace d’eau derrière elle qui la prolonge, auquel elle est connectée… et puis le mouvement se met en place, la vague monte le long du sable, l’énergie est dynamique, l’action se sent, c’est comme si l’élan était d’agir vite avant d’arriver au sommet de sa montée… et la voilà tout en haut de son ascension, au maximum de la sortie de ses eaux, dans le plus loin de son expression, nous pouvons alors la toucher de nos pieds… et la voilà qui redescend, l’énergie est à nouveau dans l’action mais cette fois dans le sens inverse, elle retourne vers Elle et met en place l’essentiel avant d’arrivée dans le bout de sa descente, le rythme est plus lent, emporte… et la revoilà au bas de son mouvement, de son cycle, elle roule à nouveau sous son poids… contemple ce qu’elle a fait avant de se remettre à le faire…

Le changement de saison est progressif, le mouvement des eaux ne se délimite pas

A présent, vous avez peut-être une meilleure notion de ces énergies qui s’offrent à vous chaque mois. Ce qui est également important de comprendre maintenant, c’est que ces changements d’état ne se font pas de manière scindée. On ne pourra que très rarement pointer une énergie bien définie seule en action. Tout comme les changements de saison sur terre ne se font pas du jour au lendemain, les nuances de nos énergies de cycle se dessinent de manière progressive et parfois même silencieuse… on aperçoit un bourgeon au creux de l’hiver, on voit une feuille s’oranger au ceux de l’été, à cet endroit du sable une partie de l’eau touche à son sommet alors que là, l’eau est déjà en train de redescendre. Notre cycle nous offre ces énergies et c’est à nous de pouvoir nous auto-observer, de prendre le temps de nous auto-accompagner dans la découverte de NOS propres énergies qui nous guident chaque mois de l’année.

Notre nature cycle est inconstante et parle de nous

De plus, les différentes phases de notre cycle peuvent être inconstantes, retardées, inhibées, perturbées en fonction de ce que nous vivons dans notre quotidien. La seule constante du cycle est la phase lutéale (sécrétoire), celle qui se situe entre l’ovulation et la menstruation, elle est invariable et dure 14 jours.  La phase variable, qui peut changer d’un cycle à l’autre, est la phase folliculaire (proliférative). Cette différence qu’il peut y avoir entre un cycle parfait et régulier décrit dans les livres de 28jour (14/14) et votre cycle est exactement cette partie de cycle qui parle de vous et de ce que vous vivez. Ces variations individuelles peuvent par exemple être l’expression d’un manque de respect des besoins d’une de nos phases de cycle. Lorsque par exemple, dans mon hiver, je ne me suis pas respectée dans mon besoin de retrait et de douceur et qu’au contraire je me suis imposée l’action et l’extérieur (les « obligations » sociales que nous avons à l’agenda, par exemple, mais une maque d’écoute de soi est bien souvent l’élément à en cause), je peux ressentir les perturbations sur la phase qui suit voire sur toutes les autres phases du cycle en cours.

Comment se lancer dans la connaissance de son propre cycle ?

Étape 1 : Je commence à faire mon auto-observation

Une manière de commencer à connaitre son cycle et l’effet qu’il pourrait avoir sur notre quotidien, notre efficacité, notre interaction avec le monde serait de prendre un carnet et de notre chaque jour le vécu de sa journée. Sans chercher à comprendre ou à anticiper, vous vous offrez un mois de rdv privilégier avec vous-même quotidien, en fin de journée ou le matin si c’est plus optimal pour vous, pour noter les éléments clef de la journée écoulée en termes d’émotion ressentie et d’énergie vécue. Après avoir fait un mois de cette auto-observation, vous pourrez reprendre vos observations du mois et tirer peut-être déjà quelques conclusions vous concernant. Il est certain qu’au plus l’observation sera répétée sur plusieurs mois, au plus vous pourrez retrouver des tendances et affiner cette connaissance de soi.

Parallèlement à ces observations, que je qualifierais de comportementales, vous pourrez également faire vos observations physiques pour compléter votre connaissance de vous. En effet, tout au long du cycle, les changements d’hormones qui s’opèrent en vous ont une influence sur votre température corporelle (nous avons toute eu vent de cette méthode de température qui nous aiderait à placer les rapports sexuels au bon moment du cycle pour augmenter ses chances de concevoir un bébé ou au contraire l’éviter), notre glaire cervicale (qui est plus filante, transparente au moment de l’ovulation) et notre col (qui change de place et de consistance au fond de notre vagin selon la phase dans laquelle on se trouve, cette technique demande bien évidement une auto-observation plus intime).

L’effet des hormones sur nos comportements

Une explication physiologique de l’effet de chaque hormone du cycle, œstrogènes et progestérones pour commencer, sur notre comportement serait certainement une malle aux trésors et nous donnerait des éléments d’explication supplémentaire à ces réalités de changement d’état et d’énergie que nous connaissons au cours de notre cycle. On sait par exemple que l’ocytocine, hormone produite notamment lors de l’accouchement, l’allaitement, l’acte sexuel mais aussi lorsque nous passons un bon moment avec des amis, nous donne des comportements de clame, d’altruisme, de paix, de confiance, d’amour… Il serait intéressant de pousser plus loin les recherches. Sans perdre de vue que nous sommes également des êtres vivants, reliés à la terre et évoluant dans un univers où les facteurs d’influence et de soutien sont nombreux et variés.

Étape 2 : Je liste mes actions du mois

Ensuite, pour avancer encore un petit peu plus loin sur ce chemin du bien-être au féminin, vous pourrez prendre les énergies dominantes de chaque phase du cycle et noter les actions de votre vie quotidienne qui demanderaient, selon vous, ce type d’énergie pour être réalisées avec plus de fluidité et moins de prise de tête. Vous pouvez le faire d’abord en auto-observation, en parallèle du point précédent, en prenant les actions que vous avez réalisées dans la journée et en vous demandant si elles les énergies ressenties étaient celles que ce type d’activité nécessite. Si ce n’était pas fluide pour vous, demandez-vous quelle énergie aurait pu vous aider à réaliser cette action avec plus de simplicité. Ensuite, vous pourrez le faire de manière anticipative et passer à l’étape 3.

Étape 3 : J’organise mon quotidien de femme

Une fois que vous aurez pris le temps d’observer et de ressentir les énergies de votre cycle, vous pourrez vous mettre à lister les actions que vous aurez à réaliser le mois qui vient. Vous prendrez toutes ces actions que vous savez devoir placer à l’agenda et vous les repartirez en fonction des phases de votre cycle de telle sorte à respecter votre nature cyclique de femme.

Voici quelques exemples de taches reparties selon les énergies dominantes de chaque phase du cycle :

La menstruation : Contemplative/statique

Mots clefs: Arrêt, introspection, calme, recueillement, désinvolte, lassitude, rêverie, pardon, imagination, spiritualité, paix intérieure, l’ici et maintenant, douceur avec soi-même, lenteur, connexion à plus grand que soi.

Exemples d’actions concrètes : méditer, sieste pendant la journée, pas de sport, planifier les grandes lignes, s’inspirer de livres/gens, passer en revue des projets et objectifs pour y remettre du sens, balades dans la nature, imaginer des scénarios pour prendre des décisions par la suite…

La prolifération : Dynamique/action

Mots clefs: Ambition, concentration, accomplissement, productivité, exalter, clarté, confiance en soi, efficacité, audace, enthousiasme, prise de risque, structure, autonomie, prise de décision, oser.

Exemples d’actions concrètes: planifier en détail, trouver des solutions pragmatiques, sport dynamique, rattraper le retard, apprendre quelque chose de nouveau, accomplir plusieurs taches en même temps, actions-conversations qui demandent d’être rationnelle…

 

L’ovulation : Expressive/statique

Mots clefs: Féminité accrue, expression de soi, assurance, altruisme, besoin de connexion, joie, acceptation, gratitude, écoute, estime de soi, patience, douceur, aptitude à persuader, conviviale, générosité.

Exemples d’actions concrètes: partager des moments en famille/amis/collègues, rdv clients/partenariat, participer à des ateliers/ conférence (réseau), faire des cadeaux, sport féminin (danse), conversation à cœur ouvert, contribuer au monde, jouer avec vos enfants

 

La sécrétion : Créative/action

Mots clefs: Entreprenante et tournée vers soi, déclin de l’énergie, inspirée, moins tolérante, révélations soudaines, intuition, agressivité possible, jugement, critique, épurer, tumultueuse, expérimenter…

Exemples d’actions concrètes: rédiger des articles ;-), récolter des idées dans un carnet de notes, critiquer un projet en vue de l’améliorer, excellent moment d’évolution personnelle (rdv avec thérapeute, coach, osteo…), performances sportives, rangement, tri, choisir l’essentiel

Par exemple, dans votre calendrier mensuel (et même annuel), à chaque hiver vous prendrez le temps de repartir vos priorités du mois selon les énergies qu’elles demandent. Vous viendrez y mettre plus de détails durant votre printemps et vous le partagerez durant votre été. En automne, vous pourrez faire alors le tri et garder ce qui a vraiment du sens pour vous. Durant votre nouvel hiver, vous pourrez vous remettre à planifier le cycle suivant et ce sera à chaque fois de plus en plus fin et fluide.

Pourquoi faire cela ?

Pour apprendre à nous respecter pleinement en tant que femme, nous avons besoin d’apprendre à nous connaitre, de comprendre nos besoins profonds et de découvrir notre façon d’interagir avec le monde. C’est essentiel à une vie plus fluide et plus épanouie où la frustration et les passages en force qui génèrent tout un tas de sentiments négatifs soient de moins en moins présents. Pour que nous puissions Être de plus en plus présentes aux actions que nous menons dans notre quotidien et en phase avec l’énergie qu’elles nous demandent de déployer, la connaissance de notre cycle et de ses particularités est un cadeau. Notre entourage nous en remerciera également car lorsque nous serons en phase de donner, de créer, d’interagir, d’écouter, de nous ressourcer, de progresser, nous le ferons avec simplicité et rayonnement !

L’autre jour, j’organisais un petit voyage le temps d’un weekend en amoureux avec mon mari. Je lui fis une proposition de date pour voir si ça lui convenait. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque sur le calendrier il constata que c’était en plein dans l’énergie de mon hiver… « nous devrions reporter, pour que tu puisses te reposer et mettre ce weekend à plus tard lorsque tu ne seras pas dans ton hiver je ne sais quoi ! »… Oui se respecter soi, permet aux autres de nous respecter davantage.

Je vous souhaite sincèrement une belle découverte de votre cycle de femme et de vos énergies qui vous amèneront à plus de conscience et de bien-être au quotidien ! Et lorsque la réalité de la vie ne vous permet pas de respecter à 100% vos énergies du moment, demandez-vous comment vous pourriez aborder cette activité avec l’énergie dominante qui est en vous à cet instant, de cette manière vous resterez dans le respect de cette femme que vous êtes et de son bien-être.

Stéphanie, (sage-)femme passionnée

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