Que faire des risques et garder le cap vers l’idéal ?

Que faire des risques et garder le cap vers l’idéal ?

Journal intime d’une sage-femme qui attend son 4ème enfant : le coup de l’écho morpho

 

Aujourd’hui c’était le jour de l’écho morpho. Je l’attendais avec impatience… déjà pour voir le bébé, valider sa bonne évolution et passer le petits milestone important pour moi  de la mi-grossesse.

Je ne vous cache pas que j’avais un peu les mains moites dans la salle d’attente. On se projette, on se questionne et l’inévitable « et si quelque chose n’allait pas… » passe par la tête. En tout cas, pour moi, c’est de plus en plus vrai. Je pense que j’avais davantage d’insouciance à 25 ans pour mon premier enfant. Le souvenir de tous ces examens reste vague et non imprégné d’inquiétudes ou de projections. Je n’étais pas sage-femme, c’est une chose, mais je n’avais pas de famille dont l’équilibre pouvait être modifié par une quelconque « mauvaise nouvelle ».

Il s’avère que notre petit choupinette va super bien. De son cerveau à ses organes génitaux en passant par son cœur, estomac, diaphragme, colonne vertébrale… tout baigne, c’est le cas de le dire ! Et on estime, selon ses mesures de périmètre crânien, abdominal et de longueur fémorale, que ce bébé sera parfaitement dans la moyenne ! Un percentile 50 ! C’est bien une première pour moi qui ai fait 3 bébés dans les percentiles 10… Vais-je à présent accoucher d’un bébé de plus de 3kg?? Oulalala 😊

L’échographie morphologique fait partie des 3 échographies « obligatoires ou plutôt requises » au cours de la grossesse. Voici les 3 échographies qui jalonnent le parcours grossesse :

Celle vers 12SA (la rencontre, le bébé est bel et bien là ! On le voit et on l’entend, c’est très agréable… même si le test de dépistage de la trisomie 21 (aussi appelé syndrome de Down) rend le moment un peu « stressant ») : elle permet de préciser le terme de la grossesse et d’avoir une bonne mesure de la clarté nucale pour le calcul de risque du syndrome de Down. Une clarté nucale inférieure à 2mm est généralement un bon pronostic.

Celle vers 22SA (la plus chouette, on voit bébé bien formé qui bouge partout !) : c’est l’écho morphologique, c’est le moment où on peut tout bien voir et mesurer. L’intérêt de la faire à 22SA est que le fœtus est alors plus mobile qu’à 20SA mais moins gros qu’après. On a alors ainsi plus de chances d’avoir une échographie morphologique plus complète.

Celle vers 32SA (les choses se précisent, la date de terme approche et l’impatience est bel et bien une participante (active ?) ;-)) : elle permet d’évaluer la croissance fœtale et de faire une estimation du poids de naissance du bébé. Les éléments morphologiques qui n’auraient pas pu être observés lors de l’écho morpho pourront l’être à cette 3eme écho.

Un percentile est une distribution ou un découpage de population. Lorsque le percentile est à 50 cela revient à dire que l’on se trouve exactement dans la moyenne de score (poids ou taille par exemple) de la population globale. Un percentile à 10% revient à dire que seule 10% de la population est plus petite ou plus maigre que la valeur obtenue et un percentile 90% veut dire que 90% de la population est en dessous de ce chiffre ou seul 10% est au-dessus. Bref, ça nous donne une indication pour s’attendre à un gros, moyen ou petit bébé.


Un petit hic

Seul petit hic… et ça m’énerve de le présenter ainsi mais inévitablement on y pense… elle était en siège (les fesses vers le bas et la tête en haut) lors de l’examen. Alors à 22 semaines c’est loin d’être un problème car elle a encore toute la place et le temps pour bouger. Oui mais… elle était est en siège 😊 et c’est ainsi que de quelque chose de normal, qui va probablement changer et évoluer, on part dans une projection de « risques de… » souvent peu productive. De ce constat, j’ai voulu vous proposer une petite réflexion, ou plutôt une question, pour adresser « tous ces risques de… » qui traversent notre chemin et ne pas les laisser guider la suite des festivités.


Une projection peu productive mais nécessaire

Pour mon troisième, j’ai eu une césarienne. Du coup, pour ce quatrième bébé tout le monde était très frileux avec un accouchement à la maison comme j’en rêvais et je suis donc en train de construire une naissance à l’hôpital qui soit la plus proche de ce que j’aurais pu vivre à la maison.

Seulement voilà… Même si une voie basse après césarienne devient chemin de plus en plus emprunté, la voie basse d’un siège après césarienne est encore un peu la brousse ! A raison ou pas, ce n’est pas le sujet de ce papier (un autre papier peut-être). Du coup, ma projection s’est faite rapidement :  si cette jolie cocotte qui semble avoir le bout du nez retroussé reste confortable en position de yogi, vais-je devoir repasser par la césarienne ? J’ai beaucoup de mal à me projeter dans ce type de scénario. Et déjà je me suis vue poser la question à mon gynéco « une voie basse de siège après césarienne, c’est ok pour toi ? ». Comme réponse… j’ai eu droit à une petite grimace qui en disait long.

Sur le chemin de retour vers la voiture, je me suis retrouvée à dire à mon mari « une césarienne, je ne pourrai pas refaire ça chéri, c’est trop me demander ».

Mais comme je disais, on en est pas là et c’est bien là qu’il faut ramener le focus !


Qu’est-ce que j’en fais ?

Bien sûr qu’une grossesse, un accouchement, comporte tout un tas de risques et de scénarios potentiellement catastrophes (et parfois bien plus catastrophe qu’une césarienne pour un bébé en siège qui va super bien). Comme dans la vie, tous les paramètres ne peuvent être mis sous « contrôle », ça enlèverait une partie de sa beauté et de son potentiel d’apprentissage et d’évolution. La question est qu’est-ce que je fais de ces risques ? Dois-je les laisser dicter la suite de mon vécu et les mettre comme moteur de mes actions ? Ou au contraire, dois-je cultiver la confiance et la conviction que, dans mon cas, elle va finir par se retourner et que sa naissance par voie basse sera un moment magique de ma vie de femme et de maman ? J’opte pour le second point de vue et garde un espace pour le premier.

Je m’explique.

Je pense que pour qu’un projet puisse voir le jour, ici le type d’accouchement, mais on pourrait élargir, il est important d’avoir un état d’esprit complètement ouvert à ce projet. La pensée positive, l’optimisme, la confiance ne sont pas des ingrédients vains dans la manière dont se réalisent les évènements de notre vie. Pour moi, un événement est plus enclin à se produire lorsqu’il est construit dans la conviction que dans la recherche ou l’anticipation de toutes ses alternatives négatives.

Je me suis donc reconnectée à mon idéal d’accouchement, à ce que je voulais vivre et à ce qui fait sens pour moi de mettre en place. Ensuite…


Je pose une question

Lorsqu’un « risque de… » arrive et vient me préoccuper, je lui pose la question suivante : « de quoi aurais-je besoin si un tel scénario devait se passer ? ».

La réponse à cette question va me permettre de sécuriser en amont le vécu d’une éventuelle alternative à mon projet. Je construis ainsi des repères sur lesquels je pourrai m’appuyer « au cas où ». De cette manière, je pourrai retourner à mon projet de départ, avec parfois même plus de confiance et de présence.

L’idée est de définir ce qui nous permettrait de vivre avec le plus de douceur possible ce que l’on ne souhaite pas vivre. C’est une façon de déjà adhérer à ce qui va se passer réellement, l’idéal se conjugant avec ses alternatives. Je continue d’avancer vers mon projet idéal sans avoir mis de côté le risque en faisant semblant de ne pas le voir (ce qui lui donne parfois plus de puissance) ni en ayant mis le risque aux commandes de l’histoire. On lui a donné réponses adéquates et constructives pour continuer librement à bâtir l’idéal.

Il n’est en revanche pas nécessaire d’adresser tous les risques. On a chacune « nos » risques « tourments » qui potentiellement nous donne une vision trouble de l’idéal. C’est à ceux-là que la question proposée est intéressante d’être posée.


Pour revenir à mon exemple

C’est ainsi qu’aujourd’hui je me suis demandée « de quoi aurais-je besoin si mon bébé restait en siège et que la césarienne soit l’intervention la plus intelligente à faire compte tenu de mon contexte (utérus cicatriciel et quatrième enfant)  ? ». Cette question ne cherche pas, à ce stade, des réponses sur le quoi faire pour tenter de retourner le bébé. Il est évident qu’il existe des pistes à explorer une fois qu’elles seront utiles et justifiées. Mais penser à cela à 22 semaine, ce serait bien trop tôt. Non, les réponses à rechercher servent plus à formuler ce qui m’aiderait « au cas où ». J’aurai par exemple vraiment besoin que ce soit mon gynécologue-obstétricien qui fasse l’intervention, j’ai confiance en son expertise. J’aurais besoin de discuter de la possibilité d’arriver en travail pour ne réaliser la césarienne qu’à ce moment-là et non de façon programmée. J’aurais besoin d’un lieu de naissance qui me permette de vivre une « césarienne naturelle ». J’aurais besoin de relire le livre de Michel Odent sur la césarienne :-). J’aurais besoin de mon mari à chaque étape…

Avoir posé ces éléments me permet de laisser le « risque de » sur le chemin car je sais à présent quoi « faire » ou « être » s’il se transformait en réalité pour que ce soit plus doux pour moi.  Je peux maintenant repartir dans mon projet de base d’une « naissance comme à la maison à l’hôpital » et continuer d’alimenter mon idéal 😊

Et vous, quels sont les risques qui vous font peur, qui occupent votre esprit et vous empêchent de croire en votre désir d’accouchement ? De quoi auriez-vous besoin s’ils se présentaient ? Prenez le temps d’y répondre pour ensuite vous remettre dans la direction de votre idéal.

Avec tendresse,

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